The National Times - Reçus par Bayrou, les syndicats agricoles maintiennent la pression

Reçus par Bayrou, les syndicats agricoles maintiennent la pression


Reçus par Bayrou, les syndicats agricoles maintiennent la pression
Reçus par Bayrou, les syndicats agricoles maintiennent la pression / Photo: © AFP

"Place aux actes": les principaux syndicats agricoles, reçus tour à tour lundi à Matignon, maintiennent la pression sur le gouvernement Bayrou pour obtenir la concrétisation des promesses arrachées en 2024 après leur mobilisation, espérant aussi galvaniser leur campagne pour les chambres d'agriculture.

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L'alliance majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs a donné rendez-vous pour un "point d'étape" au Salon de l'agriculture, organisé à partir du 22 février, afin de mesurer les avancées obtenues, qu'il s'agisse du budget ou des suites du projet de loi d'orientation agricole examiné au Sénat à partir du 4 février.

La Coordination rurale (CR), coutumière des actions coup de poing, a pour sa part limité le délai accordé au gouvernement à "demain" mardi, en fonction du contenu du discours de politique générale de François Bayrou.

 

Si les syndicats partagent le constat des difficultés du monde agricole après un an de mobilisation, ils ont exposé leurs divergences lundi soir sur les réponses à apporter, lors d'un débat télévisé inédit, organisé sur LCP dans le cadre de leurs élections professionnelles.

Aujourd'hui détenteur de 97 chambres sur 101, le duo JA, avec son président Pierrick Horel, et FNSEA, représentée par Arnaud Rousseau, a mis en avant "un goût d'entreprendre" dans l'agriculture.

En face, Laurence Marandola, porte-parole de la Confédération paysanne, a fait un "constat d'échec des politiques publiques" et de "l'accompagnement des chambres d'agriculture", face à la disparition de dizaines de milliers de fermes ces dernières années.

Pour Véronique Le Floc'h, de la CR, qui dirige déjà trois chambres et vise bien plus, ces élections seront "un référendum: chaque agriculteur doit choisir s’il souhaite continuer sur ce modèle".

- "Eloigné du terrain" -

Cette élection, organisée du 15 au 31 janvier, est particulièrement scrutée après une année 2024 marquée par de forts aléas climatiques, de piètres récoltes et une flambée des maladies animales.

Les agriculteurs ont relancé cet automne leur mouvement de protestation, bien qu'en ordre dispersé, rencontrant ce lundi leur 4e Premier ministre en un an sur fond d'instabilité politique générée par la dissolution de l'Assemblée nationale.

Arnaud Rousseau, a évoqué une "course contre-la-montre pour apporter des solutions", à l'issue du rendez-vous avec François Bayrou, dont il a salué "l'écoute".

D'ici le Salon de l'agriculture, l'organisation attend notamment la confirmation d'un budget agricole de 450 millions d'euros, incluant mesures fiscales d'urgence, réforme des retraites agricoles...

"Il n'est pas question de revenir sur les promesses faites en 2024", indiquait-on à Matignon en amont des rencontres.

Son de cloche différent à la CR dont certains membres ont tenté, en vain, de manifester dans la capitale la semaine dernière: "le Premier ministre nous est apparu comme étant éloigné de la réalité du terrain", a déclaré Véronique Le Floc'h lors du débat.

Le deuxième syndicat agricole comptait réclamer deux mesures immédiates: une égalité des normes au niveau européen et un "arrêt des contrôles des exploitations au profit des contrôles des produits d'importation".

- Petite avancée pour Mayotte -

La Confédération paysanne, qui défend des prix rémunérateurs et un accompagnement dans la transition agroécologique, n'a guère obtenu satisfaction.

Seule avancée "peut-être", selon Mme Marandola, le renouvellement d'une aide de 1.000 euros promise aux agriculteurs sinistrés de Mayotte, seule chambre d'agriculture contrôlée par l'organisation

Au sujet des élections professionnelles, elle dit avoir reçu un "non" catégorique à sa demande d'instaurer plus de proportionnelle, alors même que le Modem de M. Bayrou plaide depuis longtemps pour ce mode de scrutin en politique.

Le mode de scrutin actuel favorise la liste arrivée en tête, qui obtient d'office la moitié des sièges aux chambres. Lors du débat, JA et FNSEA ont balayé la question de le réformer.

M.A.Walters--TNT

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