The National Times - A Bamako, jour de tristesse après le décès du légendaire chanteur et musicien malien Amadou

A Bamako, jour de tristesse après le décès du légendaire chanteur et musicien malien Amadou


A Bamako, jour de tristesse après le décès du légendaire chanteur et musicien malien Amadou
A Bamako, jour de tristesse après le décès du légendaire chanteur et musicien malien Amadou / Photo: © AFP

"Amadou est parti comme ça": la tristesse a envahi samedi à Bamako le domicile du musicien et chanteur malien Amadou Bagayoko décédé la veille, laissant son épouse Mariam avec laquelle il formait le légendaire couple de musiciens aveugles "seule dans la vie".

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Proches, sympathisants, fans affectés par l'annonce de son décès affluaient en début d'après-midi au domicile du défunt pour témoigner leur compassion et leur soutien à la famille.

De nombreuses personnes étaient en larmes, d'autres se muraient dans le silence, égrenant leurs chapelets. Des récitals de coran, qui ont débuté la veille, se déroulaient encore dans la matinée au domicile du défunt, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Amadou est parti comme ça. Je vais désormais rester seule dans la vie", dit sa femme Mariam Doumbia.

Son mari, Amadou Bagayoko, est décédé vendredi après-midi à Bamako à l'âge de 70 ans des suites d'une maladie, provoquant de nombreuses réactions à travers le monde.

Depuis l'annonce de sa mort, "la maison ne désemplit pas", indiqué le porte-parole de la famille, Djibril Sacko, contacté par l'AFP. Il a décrit "une atmosphère lourde" mais marquée "de pudeur".

Sa femme Mariam Doumbia avec laquelle il a eu trois enfants a raconté à l'AFP les derniers instants de son mari.

"En arrivant à l’hôpital, j’ai demandé au docteur de (le) regarder. Le docteur a mis son appareil sur son cœur et nous a ensuite dit qu’il était parti. J’ai dit : +bon… il est parti comme ça+. J’ai pensé que si Amadou est parti comme ça, alors moi, je suis seule. Je suis restée seule et je vais désormais rester seule dans la vie", a-t-elle témoigné.

Les hommages se sont multipliés sur les réseaux sociaux.

Manu Chao, qui a fait connaître le duo en France, a exprimé sa "peine" dans une publication sur Instagram. "Amadou! On sera toujours ensemble... avec toi partout ou tu iras".

"Mariam, Sam, toute la famille votre peine est ma peine. Je vous aime", a-t-il ajouté.

"Encore une immense perte pour la musique malienne et africaine. C'est avec une grande tristesse que j'ai appris le décès de tonton Amadou Bagayoko, voix légendaire du célèbre duo Amadou & Mariam et icône de la musique malienne", a écrit sur Facebook le jeune chanteur malien Sidiki Diabaté.

- "Dimanche à Bamako" -

Le chanteur congolais Fally Ipupa, qui préparait une collaboration avec le couple, a dit "ne pas toujours arriver à croire" que l'artiste "est parti", dans une publication sur Facebook.

"On a cette collaboration incroyable qui n'a même pas eu le temps de voir le jour", a-t-il ajouté, en présentant ses "sincères condoléances à Tata Mariam".

Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia se sont rencontrés en 1976 à l'Institut des jeunes aveugles de Bamako. Ils ont à l'époque 21 et 18 ans, lui est musicien, elle chanteuse, tous deux ont les mêmes goûts musicaux.

Leur recette? Des messages simples, sur la vie quotidienne, la société, distillés sur des mélodies entêtantes issues de la tradition bambara, avec un habillage rock, funk, électro. Une musique qu'Amadou appelait afro-blues-rock.

Le duo a connu un succès planétaire en 2004 avec "Un Dimanche à Bamako", chanson-titre d'un disque produit par Manu Chao, alors qu'ils tournaient ensemble depuis les années 1980. Depuis, leurs chansons envahissaient régulièrement les dance-floors du monde entier.

Suivront une collaboration avec Damon Albarn, leader de Blur et Gorillaz, sur le titre "Sabali" en 2008, des premières parties pour Coldplay en 2009 et U2 en 2011, des soirées caritatives avec Stevie Wonder en Côte d'Ivoire ou David Gilmour (Pink Floyd) à Londres.

Début septembre 2024, le couple avait introduit en chanson l'extinction définitive de la flamme paralympique, clôturant Jeux de Paris, en interprétant "Je suis venu te dire que je m'en vais", composition du Français Serge Gainsbourg inspirée par le poète Paul Verlaine.

Le duo a aussi joué en l'honneur de Barack Obama lors de la remise de son prix Nobel de la paix à Oslo en 2009.

Après plus d'un million d'albums vendus, de nombreuses récompenses (Victoires de la musique en France, BBC radio awards en Grande-Bretagne...) et une nomination aux Grammy awards américains en 2010, Amadou et Mariam avaient aussi sorti début septembre leur best of intitulé "La Vie Est Belle".

Amadou Bagayoko sera inhumé dimanche à Bamako.

R.Campbell--TNT